La miséricorde est un don gratuit.

Lorsqu’il fut appelé à être évêque, celui qui allait devenir le Pape François a choisi comme devise : Miserando atque eligendo, ce qui peut se traduire : « Avec des yeux de miséricorde ».
Être miséricordieux, c’est – comme le mot l’indique – être sensible à la misère d’autrui. Un enfant disait joliment : « La miséricorde, c’est une corde lancée à la misère ».

Être miséricordieux, c’est être compatissant envers celle ou celui qui vit une situation difficile, envers les nations qui sont moins bien loties que la nôtre. C’est aussi renoncer à pointer un index impitoyable en direction de quelqu’un. Parce qu’alors – faites le geste, et vous vérifierez que c’est vrai – il y a trois doigts dirigés vers vous. Être miséricordieux, c’est comme le Christ voir dans l’homme pécheur un malheureux à aimer davantage, croire inlassablement qu’un plus est possible en l’autre et aussi en nous.

Que nous soyons riches ou pauvres, au sens propre comme au figuré, nous avons toujours à nous tourner vers plus pauvre que nous ? Engagés ensemble, nous rejoignons le plus exclu. Notre rôle est de créer des liens  entre ceux que la société a tendance à oublier et tous les différents niveaux de l’Eglise et de la société. Que la dignité du plus pauvre soit respectée. Nous avons besoin d’apprendre les uns des autres. Du partage de vie et de savoir, nous pouvons nous enrichir mutuellement. Le plus pauvre trouve le moyen de lutter contre la misère et nous de vivre plus humainement.

Je vous invite à ne pas pratiquer le pêché de la langue ; et si nous réapprenions à ne pas nous appesantir sur la faute de l’autre et à garder en mémoire plutôt ce qu’il a fait de bien ? Je rappelle ce petit conte issu de la Côte d’Ivoire :

« Deux amis marchaient dans le désert. Ils se disputèrent, et l’un deux donna une gifle à l’autre. Ce dernier écrivit dans le sable : aujourd’hui mon meilleur ami m’a donné une gifle.
Ils continuèrent à marcher et trouvèrent une oasis dans laquelle ils décidèrent de se baigner. Celui qui avait été giflé manqua de se noyer, mais son ami le sauva. Il écrivit sur une pierre : aujourd’hui mon meilleur ami m’a sauvé la vie.
Celui qui avait donné la gifle et qui avait sauvé son ami lui demanda : « Quand je t’ai blessé, tu as écrit dans le sable, et maintenant tu as écrit sur une pierre. Pourquoi ? »
L’autre répondit : « Quand quelqu’un nous blesse, nous devons l’écrire dans le sable où les vents du pardon peuvent l’effacer. Mais quand quelqu’un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre où aucun vent ne peut l’effacer. » »

La miséricorde, c’est prendre soin de l’autre, lui faire du bien, mettre de la lumière dans sa vie, partager du temps avec lui, lui donner de la douceur, de la patience, de l’écoute, aimer ses ennemis, ne pas juger, ne pas condamner, pardonner … La miséricorde est un don gratuit.

« Après la pandémie du coronavirus – écrit le Pape -, nous ne pouvons pas nous permettre d’écrire l’histoire présente et future en tournant le dos aux souffrances de tant de personnes. » « Il est nécessaire de cultiver les anticorps de la justice, de la charité et de la solidarité. » Et encore : « N’ayons pas peur de vivre l’alternative de la civilisation de l’amour. » (Cf. Méditation, Un plan pour ressusciter (d’après CathoBel))

D’après la lettre pastorale ‘Duc in altum’ de Mgr Warin.