Evêque auxiliaire du diocèse de Namur depuis 2004, Mgr Warin reçoit à cette époque, des mains de Mgr Léonard, l’ordination épiscopale. Il choisit alors pour devise « La puissance de Dieu donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2Co, 12, 9). Il succède donc à Mgr Rémy Vancottem qui a fêté, en juillet 2018, son 75ème anniversaire. Ayant atteint la «limite d’âge» prévue pour les évêques, il avait, comme l’exige le droit canon, adressé une lettre de démission au pape François.
Entre Liège et Namur
Pierre Warin est né à Rocourt, en province de Liège, le 15 juin 1948. Joseph, son père, était médecin légiste. Renée Dabin, sa mère, était femme au foyer. Il est le deuxième d’une famille de trois enfants. Après des humanités gréco-latines au Collège Saint-Barthélemy à Liège, il entre au Séminaire. Son évêque, Mgr Guillaume-Marie van Zuylen, l’envoie pour les études philosophiques et théologiques à l’Université Catholique de Louvain, puis à l’Université Grégorienne de Rome. Il est ordonné prêtre le 23 décembre 1972.

De 1977 à 1982, l’abbé Warin enseigne au Séminaire de Namur. En 1982, il est nommé professeur à Liège. Durant ces années, il parvient à allier accompagnement des séminaristes et activité pastorale. Il a été notamment curé à Wihogne de 1990 à 1994. Le 1er juillet 1994, l’évêque de Liège, Mgr Albert Houssiau, l’appelle à être président du Séminaire, responsable de la formation des prêtres et des diacres. Le nouvel évêque de Liège, Mgr Aloys Jousten, le confirme, en 2001, dans ses tâches et le nomme en outre vicaire épiscopal pour les prêtres, les diacres et les assistants paroissiaux.

Vers de nouveaux défis
Mgr Pierre Warin a été installé évêque de Namur en la cathédrale Saint-Aubain le dimanche 30 juin dernier. Ce sont de nouveaux défis qui attendent désormais le futur évêque. Le premier étant d’engendrer  »des communautés pleinement chrétiennes, qui fassent signe au monde. Le Saint-Père invite les chrétiens et les chrétiennes à aller aux périphéries, à être miséricordieux comme le Père est miséricordieux. Etre miséricordieux, c’est comme le mot l’indique, avoir la misère de l’autre dans son cœur. »
Un autre défi est de se montrer plus attentif aux nouvelles pauvretés (parmi lesquelles les migrants), et de faire grandir en miséricorde. Mgr Warin :  »Être miséricordieux, c’est aussi, comme le Christ, voir dans l’homme pécheur un malheureux à aimer davantage, croire inlassablement qu’un plus est possible en l’autre, et aussi en nous : le pécheur n’est pas son péché ! »

Favoriser des vocations
Mgr Warin a explicité un autre défi qui l’attend : l’émergence bonne, heureuse, d’autres acteurs dans l’Eglise.  »Beaucoup de baptisés, en raison de leur vocation baptismale, se sentent aujourd’hui plus partie prenante, plus solidaires de la vie ecclésiale. Chacun comprend mieux qu’il a un rôle à jouer pour le bien du corps entier et pour porter l’Evangile à d’autres. Il y a des fidèles laïcs investis d’un ministère, les assistantes paroissiales notamment. Depuis 50 ans il y a des diacres permanents qui rappellent à toute l’Eglise qu’elle doit être en tenue de service ». Et le nouvel évêque de poursuivre :  »Il s’agit de faire jouer tout le monde ensemble, de laisser chanter le rossignol qu’il y a en chacun, de permettre à chacun et chacune de déployer sa vocation spécifique. Le laïc dans l’Eglise n’est pas un béni-oui-oui. Le diacre n’est pas un sous-prêtre. Et le prêtre ne doit pas être moins prêtre pour que le laïc déploie pleinement sa vocation de baptisé ou un ministère reçu. »
Concernant le ministère ordonné, Mgr Warin a souhaité que, dans l’Eglise, tous et toutes redécouvrent son identité et sa beauté :  »Car c’est toute l’Eglise qui doit être appelante. La pastorale des vocations ne doit pas être le fait de quelques-uns ; elle ne peut être réglée par sous-traitance. Il faut qu’elle devienne une action de toute la communauté chrétienne.
Si nous souhaitons de nouveaux prêtres, il est important aussi de reconstituer le terreau chrétien. S’il y a crise des vocations, n’est-ce pas parce qu’il y a davantage crise des croyants ? Il n’y a que les perce-neiges qui réussissent à s’épanouir lorsqu’il fait encore froid. Comment des vocations de prêtre en nombre pourraient-elles fleurir lorsque le climat est trop rude ? Elles ont besoin du soleil et de la foi des baptisés ». Et Mgr Warin de conclure :  »Favoriser des vocations sacerdotales, des vocations de moines et de moniales, de religieux et de religieuses, de consacrés et de consacrées, est un autre défi important pour l’évêque. »

D’après Cathobel