Chrétiens des deux Ourthes

La Roche-en-Ardenne – Rendeux – Tenneville (Belgique)

Bulletins mensuels

Unité Pastorale ‘Cœur de l’Ardenne au fil de l’Ourthe’ (La Roche)

Unité Pastorale ‘Rendeux-St Thibaut’

Unité Pastorale ‘Champlon-Tenneville’

Éditorial du mois       

Engendrer des communautés pleinement chrétiennes

qui fassent signe au monde


     L’Église n’existe pas pour elle-même : elle est pour le monde. Nous chrétiens devons dire ce qui nous habite, « rendre compte de l’espérance qui est en nous », mais – comme l’apôtre Pierre le précise dans sa Première Lettre – « avec douceur et respect » (cf. 1P 3, 15-16). Sans imposer. Comme le Seigneur Jésus qui disait : « Si tu veux… » Nous chrétiens devons être des proposants de la foi. Comme Bernadette qui, témoin qu’à la Grotte de Massabielle le ciel avait touché la terre, disait au curé de Lourdes : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. » Il nous faut oser la visibilité, mais sans arrogance aucune. Sans arrogance aucune parce que la voie du Seigneur Jésus a été celle de l’humilité. Pour visiter la terre, Dieu a pris l’habit du mendiant, du pauvre qu’on peut repousser. N’est-il pas symptomatique que les parents du petit qui avaient cherché à ce qu’il soit reçu, ne trouvèrent, cette nuit-là, que des portes closes : pas de place pour lui dans la salle d’hôtes. Tout dans la vie de Jésus est humilité, de A à Z, de la crèche à la croix. Il ne faudrait pas que nos croix en bois poli, en argent ou en or fassent oublier tout le rugueux de la croix du Christ. Nu il l’a été, sur l’instrument de supplice le plus cruel, le plus infamant, le plus humiliant.

     Dans sa vigoureuse Méditation sur l’Église, le cardinal Henri de Lubac écrit : « Lorsque l’Église est humble dans ses enfants, elle est plus attirante que lorsque domine en eux le souci trop humain de la respectabilité ». Nous devons nous garder de toute arrogance, mais tout de même oser la visibilité. Oser la visibilité, parce que nous sommes dépositaires pour le monde d’un trésor. « Parfois – dit le bon Pape François dans La Joie de l’Évangile – nous perdons l’enthousiasme pour la mission en oubliant que l’Évangile répond aux nécessités les plus profondes des personnes ». Et un peu plus loin, il s’exclame : « l’Évangile est le plus beau message qui existe en ce monde ».

     Grace à l’évangile, nous pouvons devenir chaque jour des communautés pleinement chrétiennes. Dans la même Exhortation, le Pape dit aussi : « L’Église n’évangélise pas si elle ne se laisse pas continuellement évangéliser. Il est indispensable que la Parole de Dieu devienne toujours plus le cœur de toute activité ecclésiale ». Comment l’Église pourrait-elle être évangélisatrice si elle ne commence pas par s’évangéliser elle-même ? Dans une société où la foi ne va plus de soi, pour être contagieux, il s’agit de vivre sa foi de manière effective, de s’approprier pleinement le message que nous avons reçu. Il faut que l’amour du Christ devienne une passion qui soulève tout l’être !

     J’appelle les communautés à être pleinement chrétiennes. Et être pleinement chrétien, cela ne veut pas dire seulement se réunir pour célébrer. Cela signifie encore grandir dans la foi et aussi mettre en œuvre le service du frère (la diaconie). Reconnaissons-le : bien des communautés, trop petites, n’ont pas les potentialités pour promouvoir les trois dimensions. Je vous invite à accueillir le projet diocésain du Chantier paroissial, dont la finalité est d’engendrer des communautés en phase avec le contexte sociétal et pleinement chrétiennes. Des communautés qui deviennent par-là, signes dans un monde qui ne l’est plus guère ou plus du tout.

Abbé Raphaël KWASI

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