Novembre-décembre
Unité Pastorale ‘Cœur de l’Ardenne au fil de l’Ourthe’ (La Roche)
Intentions de l’UP
Unité Pastorale ‘Champlon-Tenneville‘
Septembre-octobre
Unité Pastorale ‘Cœur de l’Ardenne au fil de l’Ourthe’ (La Roche)
Intentions de l’UP
Octobre
Unité Pastorale ‘Rendeux – Saint-Thibaut’
Septembre
Unité Pastorale ‘Rendeux – Saint-Thibaut’
Unité Pastorale ‘Champlon-Tenneville‘
Éditorial
Jésus sans-abri, révélation de Dieu
En Wallonie et à Bruxelles, on compte 28589 personnes sans-abri, dont 6709 enfants. Les personnes sans-abri ne sont pas seulement celles qui doivent dormir en rue, mais ce sont toutes celles qui manquent de sécurité et de stabilité pour leur logement. Or sans logement stable, les enfants sont perturbés. Souvent ils sont victimes de violences conjugales et intrafamiliales. Les familles en état de précarité sont les premières à être menacées de se retrouver sans un abri fixe. Il est plus que jamais essentiel de soutenir les associations de terrain qui pallient ces manquements et apportent une aide directe aux familles sans-abri.
D’après l’évangile selon saint Luc, Marie et Joseph se sont trouvés sans-abris lorsqu’ils ont dû quitter Nazareth pour se rendre à Bethléem, alors que Marie était enceinte. Ils étaient victimes d’un pouvoir autoritaire, auquel ils ne pouvaient s’opposer : « En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre » (Lc 2,1). Et comme Marie devait accoucher, elle s’est trouvée encore plus sans-abri, puisqu’il n’y avait pas de place à l’hôtellerie pour l’accueillir : « Elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune ». La famille de Joseph et de Marie se retrouve dans la situation des sans-abris d’aujourd’hui.
Cependant, l’enfant Jésus a une identité beaucoup plus prestigieuse que les circonstances ne le laisseraient supposer.[…..] L’enfant nouveau-né est en même temps un Sauveur ! […] Le sans-abri est un sauveur ! Ainsi à partir de la situation de pauvreté de Jésus, émerge un message d’amour universel.
Comme dit le pape Léon dans Dilexi te : « Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire. À travers les pauvres, il a encore quelque chose à nous dire » (5). Le pape ajoute : « l’Église reconnaît dans les pauvres le visage du Christ » (47 et 103).
Cela nous interpelle aujourd’hui : comment la présence des enfants est-elle pour nous un message d’amour et une source de méditation dans nos cœurs ? C’est à partir de pauvres bergers que ce message de la divinité de Jésus a été connu et diffusé.
Comment aujourd’hui entendons-nous la voix des pauvres qui annonce la présence de Dieu dans les petits de ce monde ? Pour y arriver, il est important de trouver des bergers d’aujourd’hui : ce sont les associations qui soutiennent les familles précarisées et qui les aident à reprendre pied. C’est ainsi que le divin surgit de l’humain. Chacun de nous est invité à participer à cet accueil de l’enfant et à découvrir ce que celui-ci offre d’amour autour de lui. C’est ce que dit le pape Léon dans Dilexi te : « L’engagement en faveur des pauvres et pour l’élimination des causes sociales et structurelles de la pauvreté, bien qu’il ait pris de l’importance au cours des dernières décennies, reste toujours insuffisant » (10). Il ajoute : « Nous devons nous engager davantage à résoudre les causes structurelles de la pauvreté » (94).
Cet engagement renouvelle l’Église : « Je suis convaincu que le choix prioritaire en faveur des pauvres engendre un renouveau extraordinaire, tant dans l’Église que dans la société, lorsque nous sommes capables de nous libérer de l’autoréférentialité et que nous parvenons à écouter leur cri » (7).
« Les pauvres sont des acteurs de leur vie, des sujets et non des objets » (99) ; le pape Léon valorise leurs capacités : « L’expérience de la pauvreté leur donne la capacité de reconnaître des aspects de la réalité que d’autres ne réussissent pas à voir, et c’est pourquoi la société a besoin de les écouter » (100). « Ainsi les pauvres nous évangélisent » (102). C’est en ce sens que travaille Action Vivre Ensemble, en créant un partenariat avec les pauvres et ceux qui s’engagent avec eux et pour eux. Et ensemble, comme disait Grégoire de Nazianze : « Visitons le Christ, soignons le Christ, nourrissons le Christ, habillons le Christ, accueillons le Christ, honorons le Christ » (118).
Monseigneur Jean-Pierre Delville, évêque de Liège