Chers frères et sœurs, chers amis,
Nous sommes réunis aujourd’hui avec beaucoup d’émotion, de tristesse et certainement avec le cœur lourd. Nous sommes là pour accompagner Lydia, qui nous a quittés précocement. Il y avait encore tant de choses à vivre, tant de moments à partager, tant de joies à connaître, tant de projets à réaliser…

Alors, aujourd’hui, nous ne cherchons pas à cacher notre peine. Nous ne cherchons pas non plus des explications à tout prix. La mort reste une épreuve difficile à comprendre et à accepter.
Mais au milieu de notre tristesse, nous sommes venus écouter la Parole de Dieu qui nous parle d’espérance et de vie. C’est une parole qui nous fait du bien et qui nous rappelle que la mort n’a pas forcément le dernier mot.

Dans la première lecture, tirée du livre de la Sagesse, nous avons entendu ces mots : « les âmes des justes sont dans la main de Dieu ».
Quelle belle image ! Être dans la main de Dieu, c’est être en sécurité, être accueilli et aimé.
C’est pouvoir se reposer enfin, après les combats, les fatigues et les souffrances de cette vie.
Ces paroles prennent aujourd’hui un sens particulier quand nous pensons à Lydia.
Car, pendant plusieurs mois, elle s’est battue contre la maladie. Elle a connu les inquiétudes, les moments difficiles, les jours où il fallait trouver la force de continuer, même lorsque le chemin devenait lourd. Elle a fait preuve de courage et de détermination. Elle a tenu bon aussi longtemps qu’elle l’a pu.
Nous aurions tellement voulu que son courage suffise à la sauver. Nous aurions voulu que sa volonté, sa force de caractère, et son espérance associée aux prières incessantes des membres de notre communauté lui permettent de traverser cette épreuve et de retrouver la santé.
Mais la maladie a fini par l’emporter. Et cela nous fait mal, parce que nous savons que Lydia avait encore tant à donner et que nous aurions aimé la garder plus longtemps auprès de nous.

Pourtant, la Parole de Dieu nous invite à croire que, même lorsque nos forces humaines s’arrêtent, Dieu, lui, ne nous abandonne pas. Nous pouvons donc croire qu’après avoir tant lutté, elle peut maintenant connaître le repos et la paix auprès de Lui.

Et puis, quand nous parlons de Lydia, nous ne voulons pas seulement parler de sa maladie et de sa mort.
Lydia, c’est bien plus que ces mois de souffrance. C’est une vie, une personnalité, un sourire, une présence, une manière d’être avec les autres.
Ceux qui l’ont connue se souviendront d’une belle personne, profondément humaine, généreuse et courageuse.
Elle était une femme de caractère. Elle savait ce qu’elle voulait et avançait avec détermination.
Sa force inspirait le respect. Mais cette force n’empêchait ni la douceur ni la gentillesse. Elle savait aussi être attentive aux autres, prendre le temps d’écouter et d’accueillir une confidence, trouver un mot encourageant ou simplement offrir une présence qui faisait du bien.

Elle était bienveillante, patiente, positive. Elle avait cette capacité de regarder la vie avec espérance, même lorsque tout n’était pas facile. Elle savait donner de son temps, de son énergie et surtout d’elle-même. Elle ne se contentait pas de parler de solidarité ou de générosité, elle les vivait concrètement. Son engagement pour notre Unité pastorale et pour notre commune en témoigne.

Elle aimait participer à la vie de la communauté et se rendre utile, en prenant naturellement sa part de responsabilité. Elle ne restait donc pas une simple spectatrice, mais elle s’impliquait activement en donnant de sa personne. Et tout cela, elle le faisait avec sérieux, avec cœur et avec détermination.

Nous nous souviendrons aussi de Lydia comme d’une femme radieuse, soignée, organisée, attentive aux détails. Elle aimait que les choses soient bien faites. Elle avait le souci de ce qu’elle entreprenait et des personnes avec lesquelles elle partageait sa vie.

Mais derrière cette femme forte, engagée et déterminée, il y avait aussi un cœur profondément tendre et il y avait surtout une maman.
Lydia était une maman heureuse et fière. Sa fille Eileen occupait une place essentielle dans sa vie. Être maman faisait partie de ce qu’elle était profondément. Aujourd’hui, c’est sans doute l’un des aspects de son départ qui nous touche le plus.

Dans l’Évangile, Jésus nous dit : « que votre cœur ne soit pas bouleversé ». Il sait ce que signifie aimer quelqu’un, souffrir de son absence et pleurer devant sa mort.
Il ne nous demande pas de faire semblant d’être forts. Il nous invite plutôt à ne pas rester seuls avec notre douleur.
Et il ajoute ces paroles pleines d’espérance : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Alors, aujourd’hui, nous ne connaissons pas le chemin que Lydia emprunte désormais. Mais nous savons entre quelles mains nous la déposons.
Nous remettons Lydia entre les mains du Seigneur qui a déjà préparé une place pour elle dans la maison de Dieu le Père.
Nous le confions ainsi à Celui qui connaît son cœur, qui sait tout ce qu’elle a donné, tous les combats qu’elle a menés, toutes les joies qu’elle a partagées et toutes les peines qu’elle a traversées.
Nous la confions à Celui qui ne regarde pas seulement ce que nous avons réussi ou accompli, mais qui connaît toute notre vie, avec ses forces et ses fragilités.
Et nous croyons que ce Dieu de bonté qui l’accueille avec amour, lui offrira la paix après la lutte, et le repos après la fatigue.

Chère Lydia, merci pour ce que tu as été, pour ce que tu as donné et pour tout l’amour que tu laisses derrière toi. Que le Seigneur t’accueille dans sa lumière et dans sa paix.

Abbé Auguste Moanda